• Martine Brousse : "On doit crier notre indignation, on ne fait pas assez"

    Martine Brousse - Copyright : La chaine du coeur

     Vous ne l’a connaissiez pas encore ? Mieux vaut tard que jamais ! « La Voix de l’enfant » est une association qui protège les droits des enfants en France et partout dans le Monde. Et oui, il ne suffit pas seulement d’aller dans les pays sous-développés pour rencontrer la violence, pour se rendre compte de l’atrocité dont sont victimes tous les jours certains enfants, tout près de chez nous, parfois, derrière nos portes. A l’occasion de la sortie de la Compilation « Les voix de l’enfant » et du single « Je reprends ma route », Martine Brousse, Déléguée Générale de cette association m’a fait l’honneur de m’accorder cette interview, avant d’embarquer pour Lille où un nouveau meeting l’attend.

     

     Bonjour Martine Brousse, pouvez-vous nous présenter l’Association dont vous faites partie. Comment est-elle née ?

     Martine Brousse : Bonjour, alors… « La Voix de l’enfant » est née suite au génocide au Cambodge (1975-1979). Un certain nombre de fondateurs étaient présents dans les camps de réfugiés au Cambodge. Et à partir de là, à leur retour, on a crée l’association. Tout en sachant que chaque association (parmi les 78 réparties dans le Monde) devait garder son indépendance.

     

     En novembre dernier est sortie la compilation « Les Voix de l’enfant" suivi du single « Je reprends ma route », un projet collectif initié par Mathieu Johann avec une quarantaine d’artistes…

     M.B : Oui une quarantaine d’artistes dont Noah (Yannick), Lâam et bien d’autres comme vous avez dû le voir. Et surtout ce qui est extraordinaire c’est qu’ils ont tous répondu présents. Ils se sont déplacés en studio, ils ont vraiment témoigné de leur engagement. Ce que je voudrais, c’est rendre hommage à Mathieu Johann. C’est un homme merveilleux qui fait partie de l’association depuis plus 10 ans maintenant. C’est un engagement régulier, pas ponctuel. Il est non seulement disponible, mais il est créatif, il fait bouger les choses.

     Etes vous souvent sollicitée par des artistes pour réaliser ce genre de projet ?

     M.B : Ce n’est pas les artistes, c’est Mathieu Johann qui a pris son bâton de pèlerin et qui a mobilisé les artistes. Comme pour les Restos du Cœur qui organisent chaque année le concert les « Enfoirés », on aimerait qu’il y ait un rendez-vous pour les enfants.

     Les fêtes de Noel sont-elles un bon moyen pour l’Association d’encourager le soutien des donateurs ?

     M.B : Oui, déjà pour la sortie de la compilation le Parc Astérix a délivré 50 entrées pour les enfants. Et l’après midi, un concert a été organisé avec les artistes. Nous rappelons que Noel est une fête laïque, nous touchons toutes les familles.

     Quels événements l’Association prévoit cette année pour les enfants défavorisés ?

     M.B : Mardi prochain, il y aura le « Noel des associations » avec une cinquantaine d’enfants invités. C’est au Musée de l’Homme, en partenariat avec GDF-Suez. Il y aura des ateliers pour les plus petits et un goûter. Vous savez combien le goûter est important pour les enfants (rires). Mercredi prochain, nous aurons un Noel avec les plus grands en partenariat avec le concessionnaire automobile Renault.

     Au départ Carole Bouquet et Bruno Solo, ont été les premiers porte-parole de l’Association, aujourd’hui combien d’ambassadeurs-membres travaillent à vos côtés ?

     M.B : Nous n’avons qu’un porte-parole qui est Carole Bouquet depuis 36 ans maintenant. Nous avons une histoire assez incroyable avec elle. C’est quelqu’un qui si elle doit intervenir elle le fait. Bruno est d’avantage engagé sur la pédo-criminalité. Et Carole s’occupe plutôt de la protection de l’enfant. Ils touchent un public différent mais ils sont complémentaires.

     Vous qui avez reçu le grade d’officier de la légion d’honneur, quel est votre rôle en tant que Déléguée générale ?

     M.B : J’ai été dix années directrice de « La Voix de l’enfant » pour l’axer sur la pérennité avant de passer les reines. Maintenant je m’occupe de la partie plus politique. Je m’occupe de toute la communication des partenaires financiers, SFR, GDF-SUEZ, Renault… ce sont des partenaires fidèles depuis 20 ans pour certains.

     Depuis votre arrivée à l’association, quel cas a été le plus difficile à gérer ?

     M.B : Tous les cas sont difficiles. Que ce soit les victimes de guerre, de maltraitance, d’exploitation domestique. Dès qu’il y a souffrance d’enfant c’est toujours insupportable. Si on avait changé le système il n’y aurait pas eu l’affaire Marina. Cette violence, cette souffrance faite aux enfants est insupportable. On doit crier notre indignation. On ne fait pas assez !

     Pour protéger les droits des enfants, « La Voix de l’enfant » a mis en place des permanences juridiques téléphoniques et des unités d’accueil …

     M.B : Nous avons une vingtaine d’avocats dans toute la France. Ils accueillent les familles dans le conseil et l’orientation.

     Le Manifeste pour l’enfance, qu’est ce que c’est ?

     M.B : C’est assez long, mais vous pouvez le retrouver sur notre site. Il y a une partie nationale et internationale, avec un accueil adapté pour les mineurs isolés et non accompagnés. Il y a un Pacte avec des milliers de signatures.

     Chaque année en France, 260 000 enfants seraient victimes de maltraitance. Toutes les semaines dans les faits divers de nouveaux drames… quel est votre message au gouvernement français pour réduire cette maltraitance infantile ?

     M.B : D’abord, il faut qu’il y ait des campagnes de sensibilisation. Il faut changer le système social. Nous demandons un principe de précaution de l’enfant, à partir du moment où l’on sait que l’enfant est en danger. Ne plus envoyer un courrier avant d’aller chez les familles. Ne pas les prévenir systématiquement. Il ne faut pas que les visites se fassent uniquement entre 9h et 17h. La maltraitance c’est le soir et le week-end. Nous demandons à ce qu’un éducateur soit nommé et que cela ne soit pas un travailleur social de la famille. Nous voulons qu’il y est des formations spécifiques pours les travailleurs sociaux.

     L’heure à malheureusement sonnée, Merci Martine Brousse..

    En attendant, la réponse du gouvernement, le combat continue. La compilation des « Voix de l’enfant » produite par My Major Company est dans les bacs depuis le 19 novembre pour sensibiliser le public sur la souffrance infligée aux enfants et récolter des fonds pour l’association. Pas mal comme cadeau pour Noel non?

     Parce qu’il y a toujours mille soleils à l’envers des nuages, découvrez le clip officiel de « je reprends ma route » : 

     (Ps : N'oubliez pas de cliquer sur les petits liens)

    Elodie Terlon.

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  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Novembre 2014 à 14:31
    Lorsqu'on furète sur le web, il n'est pas forcément évident de dénicher des blogs bien agencés et cohérents: la découverte de votre page m'a enchanté!
    2
    Mercredi 5 Novembre 2014 à 00:01

    Bienvenue ! Merci beaucoup du compliment :-)) Repassez quand vous le souhaitez;-) 

    E.

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