• SUR UNE PAGE BLANCHE (2)

    Pas plus tard que lundi dernier, m’éloignant quelque peu des flux d’infos (oui, ça m'arrive), j’ai découvert ce film : « Sur la route » de Walter Salles. Une adaptation cinématographique du roman de Jack Kerouac  paru en 1957.

     

    Le pitch : « Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes ».

    Impudique et gonflé, le film de Walter Salles joue ici sur deux tableaux : la liberté jouissante et excessive et la détresse existentielle non élucidée.

    Pendant 2h20 d’errance à bord d’une chevrolet bordeaux rouillée par les kilomètres, on suit ces jeunes voyageurs perdus, d’une ville à l’autre, d’une station d’essence à une autre, toujours en quête. Je ne vous révèlerai, bien évidemment pas la fin du film, pour vous la laisser supposer.

    Plus l’on avance dans le scénario et plus le spectateur comprend que « Sur la route » est bien plus qu’une fiction, qu’il peut lui parler, comme à chacun d’entre nous. Qui ne s’est pas dit un jour : « Et si je plaquais tout pour aller vivre ailleurs ? ».

    Quand survient la panne sèche existentielle, que l’on a coupé le courant qui alimentait cette plume intarissable. On s’égare comme les protagonistes du film, de stations en stations, de villes en villes, cherchant avide le délicieux goût amer de l’écriture. Regardant le chemin parcouru et celui qui reste à faire. Fuyant le brouhaha encéphalien et anxiogène. Fuyant l’encre agitée, bouillante d’idées maladroites…

    Et lorsque certains d’entre vous, choisiront de partir loin pour mieux recommencer. D’autres, n’en n’auront pas le courage ou la volonté. Parce qu’il s’agit bien de cela, de courage et de volonté.

    L’expression voyager léger n’est pas à comprendre qu’au sens propre. Voyager léger ce n’est pas qu’emporter le strict minimum avec soi, c’est aussi se défaire, au fil du chemin, de  ces doutes et regrets qui peuvent resserrer nos entrailles à n’importe quel moment de notre vie. Lorsque l’esprit las et confus n’est plus apte à prendre des décisions. Et que le soleil qui était au zénith a laissé place aux nuits sombres et dévastatrices.

    Voyager léger c’est retrouver à nouveau la pureté et la douceur de cet air inspiré. C’est chercher à se « réaccorder ». Accorder de nouveau le corps et l’esprit. Entendre à nouveau cette musique intérieure qui défiait toutes les peurs. Voyager léger c’est vider son sac.

    Car un jour ou l’autre, une fois les deux entités vitales et indissociables  à nouveau accordées, il faudra reprendre la route. Chacun à sa manière :

    1) Guérir en marchant : Une fois le départ à la retraite arrivé, sa femme étant décédée et ses enfants devenus grands, Bernard Ollivier, ancien journaliste indépendant, s’est retrouvé face à lui même. C’est là qu’il a décidé d’entreprendre ses premiers voyages à pied à la découverte de l’Autre et de lui-même. Et qu’il est devenu le célèbre écrivain que vous connaissez. Dans son ouvrage : « La longue marche Tome 3: le vent des steppes »  dans lequel il raconte son voyage à pied de Paris aux chaînes de l’Himalaya, il dit cette magnifique phrase : « Il faut parfois partir en cure de solitude pour pouvoir mieux revenir ».  C’est grâce à ses nombreux voyages que Bernard Ollivier a pu trouver ce qu’il était venu chercher. Aujourd’hui, au sein de l’association Seuil qu’il a crée, il enseigne les bienfaits de la marche à de jeunes adolescents en difficulté.

    2) Ecrire pour exister. Dans le film de Walter Salles, le héros « Sal Paradise » écrivain en herbe se dit : « Je faisais toujours un tas de projets sans jamais bouger ». En effet certains écrivains ne franchissent pas ce pas. Ce n’est pas en parcourant les villes de France et de Navarre qu’ils écrivent leur histoire, mais en allant chercher au fond d’eux-mêmes, ce que Scott Peck appelle « le chemin le moins fréquenté ». Autrement dit, un voyage introspectif. Autrefois, on parlais encore des « Rêveries du promeneur solitaire » de Jean-Jacques Rousseau.


    3) S’entourer d’amour. Pour reprendre la route, certaines personnes n’ont pas besoin d’entreprendre ces grands voyages en solitaire, réels  ou imaginaires, mais tout simplement de s’entourer des bonnes personnes. Celles qui les aimeront sans jugement. Qui les écouteront, les rassureront et les conseilleront avec discernement. Elles ont simplement besoin qu’on veille sur elles avec bienveillance. En général ce sont auprès de leurs véritables amis qu’elles trouvent ces fameuses « bonnes personnes ». 

     

    Selon les approches, qu’à–t-il de plus important finalement ? La façon dont on parvient à aborder la route ou bien ce qu’elle nous a procuré jusqu’ici, nous a permis de comprendre, d’apprendre ?

    Une fois que vous connaîtrez la réponse, souvenez-vous que sur la route crevassée et rugueuse de l’existence, il y aura toujours ce chant du coucou murmurant : « Et oh je suis là, ne m’oublies pas ».

    Elodie Terlon.

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