• LA MATERNITE MARIGOT : L'ESPOIR DES JEUNES FEMMES HAITIENNES

     

    A l’heure actuelle, on ne peut estimer l’étendue des dégâts liés à Sandy, encore trop importants. Par conséquent, ce dont on est sûr, c’est que de nouvelles naissances ont lieu chaque jour sur Hispaniola, que le soleil brille, qu’il vente ou qu’il pleuve. A travers les ouragans, les séismes, les conflits civils, de nouvelles solutions pour améliorer la vie des habitants haïtiens doivent être penser et apporter jour après jour.

    Haïti est l’un des pays du Monde où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé. Actuellement, 1000 femmes meurent chaque jour dès suites de leur accouchement. Dernièrement, plusieurs maternités ont  été ouvertes pour résoudre la situation. L’une d’entre elles : La maternité de Marigot. Quels sont les atouts de cette nouvelle maternité pour réduire la mortalité maternelle ? Quels personnels peut-on y trouver ? Quels sont les objectifs 2013 du Ministère de la Santé pour le système sanitaire en Haïti ?


    La Maternité de Marigot : Des soins et des services spécialisés de qualité

    Inaugurée le 19 octobre 2012, la maternité Marigot va assurer les soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONUB) gratuitement, une initiative du Ministère de la Santé en partenariat avec le fonds des Nations Unies pour l’Enfance, le Fonds des Nations Unies pour la population, le Bureau des Nations Unies pour les services d’Appui aux projets et le Programme des volontaires des Nations Unies.

    Elle est la troisième maternité construite dernièrement, après celle de Petite place cazeau (Ouest du pays) et Bethanie. Et vient s’ajouter au Centre de Santé de Marigot qui a déjà 60 ans d’existence. 

    Baptisée « clinique du sourire » comme d’autres dans le pays, la maternité Marigot est destinée à fournir aux patientes des services de qualité. Marigot étant la ville la plus peuplée, après Jacmel et Bainet, autant dire que les patients en manque de soins sont quotidiennement nombreux.

    A la maternité Marigot on comptera un service pharmacie, un service vaccination, un service maternité et un planning familial. Avec un personnel disponible 24h/24. Il y aura des consultations générales pour les enfants de 5 ans et plus et les femmes enceintes, à hauteur de 30 à 35 consultations par jour, selon Daryl Vixamar, médecin généraliste.

    Mis en place également : Une salle de préparation pour apprendre les premiers gestes d’accouchement, une salle de consultations prénatales, une salle de prise en charge, une salle d'accouchement avec un équipement de pointe. Pour aider les sages-femmes à suivre correctement la procédure d’accouchement, un protocole validé par le Ministère de la Santé publique sera même affiché au mur. La salle post-partum accueillera, quant à elle, les femmes qui nécessitent des soins après leur accouchement. Et pour les cas complexes, comme les césariennes, un transfert des jeunes mamans vers l’hôpital le plus proche est prévu.

    D’après Agnès Jacobs, conseillère internationale sage-femme à l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population), la maternité Marigot a pour objectif de devenir une maternité modèle pour tout le Sud-Est d’Haïti. Pouvoir répondre aux urgences obstétricales et néonatales, ainsi qu’aux besoins de la planification familiale. A l’avenir, cette maternité se veut être un centre de formation pour sages femmes, infirmières et auxiliaires de vie, afin d’améliorer leurs compétences en soins obstétricaux.

    Qui dit, améliorer les compétences du personnel médical en Haïti, dit réduire le taux de mortalité maternelle.


    Pourquoi la mortalité maternelle est-elle si élevée en Haïti ?

    Tout d’abord, Marigot souffre de sa forte démographie. Plus de 63 800 habitants vivent en milieu rural, contre plus de 7 400 en milieu urbain. Et seul 25% des femmes en zone rurale accoucheraient en milieu hospitalier, comme à l’hôpital Martissant. Ouvert en 2010 par l’association « Première urgence – aide médicale internationale », suite au séisme, ce dernier offre aux jeunes mamans des soins obstétriques gratuits. Le personnel médical sur place est là pour veiller au bon déroulement des accouchements et donner aux mères les conseils nécessaires pour apprendre à s’occuper de leur bébé. Plus l’accès aux soins est difficile, plus l’état de santé de ces jeunes mamans pendant leur grossesse devient problématique.

    Ensuite, par conviction ou par résignation, de nombreuses femmes en Haïti accouchent encore chez elles, malgré les risques que cela comporte. Aidées par des « matrones » (sages-femmes) comme on les appelle, en échange d’1 ou 2 dollars.

    Enfin, d’autres opteront vers les unités d’hospitalisation d’urgence mises en place par « médecins du Monde » après le séisme de 2010.

    Naturellement, dans les pays Sud comme Haïti, la mortalité maternelle est plus fréquente et ne peut être éviter comme dans les pays du Nord. Les aides à l’accouchement n’étant pas toujours les mêmes : Planning familial, sages-femmes, gynécologues/obstétriciennes pour les milieux hospitaliers. Sans oublier, certaines ONG comme celle baptisée « Zanmi » qui offre aux femmes atteintes du VIH les soins nécessaires, les aident à ouvrir un commerce, loin de la stigmatisation de leurs proches. « Zanmi La Santé » gèrerait actuellement 7 centres de Santé à travers tout le pays.

    L’accès aux soins coûte cher. Les revenus insuffisants de certaines femmes haïtiennes peuvent les empêcher d’accoucher en milieu hospitalier. Une césarienne par exemple, coûte entre 10 à 15 000 dollars haïtiens (soit entre 182 et 272 euros).

    Si chez chaque femme la grossesse se vit différemment, il est important de rappeler les nombreux facteurs qui, pendant une grossse, peuvent entraver le bon déroulement de l’accouchement :

    1) L’état de santé de la mère : Les femmes qui souffrent de malnutrition pendant leur grossesse ont plus de difficulté à pousser le jour J et font courir à leur enfant des risques d’hypertrophie (mauvaise croissance du foetus).

    2) Leur âge est également déterminant : on observe que chez les jeunes mamans âgées de 15 à 19 ans, les os pelviens ne sont pas toujours suffisamment gros pour laisser sortir le nouveau-né, le moment venu.

    3) Chez certaines femmes l’accouchement se présente mal lorsque le cordon ombilical s’enroule autour de la tête du bébé.

    4) Le manque de sommeil et d’hydratation de la maman peut également avoir des conséquences sur la santé du nouveau-né.

    5) Les accouchements déclenchés plus tôt que prévus (bébés prématurés) peuvent être dangereux également, en l’absence d’une surveillance médicale de qualité.

    De plus et pas des moindres, les complications post-partum (après l’accouchement) sont nombreuses et mettent en danger la vie de la maman et de son nouveau-né. A savoir : les hémorragies, les infections, les éclampsies (tension artérielle trop élevée) et les accouchements avec obstruction (évités en Occident grâce à la césarienne).


    Comment éviter la mortalité maternelle ?

    1) Accoucher dans un centre hospitalier pour avoir accès aux meilleurs soins possibles. Autant pour les consultations prénatales (difficiles d’accès selon la ville ou le village dans lequel les femmes enceintes se trouvent, dans les pays sous-développés), que pour les soins postnatales (essentiels pour le suivi de l’état de santé physique et mentale de la mère et de son bébé).

    2) Augmenter le personnel médical qualifié et les équipements de pointe dans les zones rurales des pays sous-développés.

    3) "Eduquer" et prévenir les jeunes mamans de toutes les complications possibles durant leur grossesse et les convaincre d’accoucher en milieu hospitalier, plutôt qu’à domicile. 


    Donner la vie, sans donner de sa vie : l’ambition du Ministère de la Santé publique

    Afin de permettre aux femmes haïtiennes de mettre au monde leur enfant en toute sécurité, le Ministère de la Santé publique en Haïti s’est engagé à mettre en place une série de réaménagement des centres hospitaliers du pays.

    En mars 2013, débuteront les travaux pour le réaménagement de l’hôpital Saint-Michel de Jacmel, financé à hauteur de 17 millions de dollars par le gouvernement japonais. Une décision qui fait suite à l’accord passé le 4 octobre dernier entre le ministre des Affaires étrangères et des cultes, Pierre Richard Casimir et l’ambassadeur résident du Japon en Haïti, Kenji Kuratomi. Une fois rénové, l’hôpital de Saint-Michel comprendra un service d’urgence, un service de radiologie, un service de consultations, une maternité, une pédiatrie ainsi que de salles d’opérations.  

    Dès mars 2013 également, l’hôpital général d’Haïti, le plus vieux du pays, retrouvera de son prestige. Financé à hauteur de 50 millions de dollars par la France et les Etats-Unis, ses travaux devraient prendre fin en 2015.

    Enfin, en 2014 : un tout nouvel hôpital « La Providence » sera construit dans la région des Gonaïves (Nord-Ouest du pays) pour la modique somme de 14,3 millions de dollars. Il a été financé par l’Agence canadienne de développement international. D’une superficie de plus 10,380 m2 ce dernier comprendra 200 lits, une maternité, 4 blocs d’hospitalisation, un bloc chirurgical, une unité de soins intensifs, un service d’urgence, une pharmacie, un laboratoire, une salle de préparation à l’accouchement. Ainsi que plusieurs dépendances : des logements pour le personnel médical et les femmes enceintes, ainsi qu’une chapelle.

    La jeunesse, l’avenir de la Perle des Antilles.  « Fos A Peyi La ».

     

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